CAA Nancy n° 12NC01371 Mme C du 2 mai 2013 (prorogation stage)
Dans une affaire, le président du SIVOM recrute une femme dans le cadre d’un contrat aidé avant de la nommer adjointe technique de 2ème classe le 5 janvier 2010. Le 27 juin 2011, il décide de ne pas la titulariser et la radie des cadres. La cour observe qu'en juin 2011, la durée du stage fixée à un an a de facto été prolongée au-delà de la période normale. Pour autant, le licenciement n'est pas intervenu pendant une période de prorogation de stage, cette dernière résultant nécessairement d'une décision expresse de l'employeur, sur avis de la CAP.
S'agissant du refus de titularisation, le juge rappelle que le stagiaire est dans une situation probatoire et provisoire.
L’absence de garantie liée aux droits de la défense
Même si le refus de titularisation s'appuie sur une appréciation de son aptitude à exercer ses fonctions et, de manière générale, sur sa manière de servir, donc est prononcé en considération de sa personne, il n'a pas à respecter préalablement les droits de la défense ni donc à permettre à l'agent de faire valoir ses observations et de prendre connaissance de son dossier, sauf s'il revêt un caractère disciplinaire. L'employeur n'est tenu qu’aux procédures fixées par les textes et notamment de saisir de la CAP. L'agent ne peut donc pas considérer la mesure illégale parce qu’il n'a pas obtenu la communication préalable de son dossier. Le refus de titularisation n'ayant pas plus pour effet de lui refuser un avantage qui constituerait un droit ni, lorsque le stage est accompli pour la totalité de sa durée, de retirer ou d'abroger une décision créatrice de droit, une motivation ne s’impose pas davantage.
Sur le fond du dossier, de nombreux témoignages montrent que la femme a fait preuve d'un manque de ponctualité et de motivation dans sa période probatoire, effectuant mal un certain nombre des tâches de nettoyages qui lui sont confiées. Ces lacunes et les relations conflictuelles qu'elle entretient avec ses collègues et sa hiérarchie justifient un refus de titularisation pour insuffisance professionnelle.
À retenir : cette décision rappelle utilement que le bénéfice d’un emploi aidé avant la nomination stagiaire ne garantit en rien un accès définitif à la fonction publique. Par ailleurs, l'absence de décision au terme de la période normale de stage ne fait pas naître un droit à titularisation ni un renouvellement de stage, mais maintient simplement l'agent dans sa situation, dans l'attente d'une décision de l'employeur, de titularisation, de refus de titularisation ou de prorogation de stage.
CAA Nancy n° 12NC01371 Mme C du 2 mai 2013.
Pierre-Yves Blanchard le 14 octobre 2014 - n°1416 de La Lettre de l'Employeur Territorial
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