CAA Versailles n° 09VE04131 M. K. du 15 juillet 2010 (recours en annulation)
Dans une affaire, un enseignant assure des cours d’informatique en BTS auprès du Greta et des heures de maintenance du parc informatique dans le cadre de vacations horaires objet d’un contrat à temps complet d’un an le 1er septembre 2001. Le proviseur le renouvelle à 2 reprises, mais indique à l’agent, le 11 juin 2004, son intention de ne pas poursuivre cette collaboration en 2004-2005.
En réponse, l’intéressé adresse, le 29 juin, un courrier électronique qu’il intitule « rappel du contexte » où il considère que le non-renouvellement de son engagement tient à un différend avec un responsable. Il estime que son « contrat de production pédagogique est devenu caduc et nul ». La cour ne voit pas dans ce courrier un véritable recours gracieux ou hiérarchique lui permettant de contester une décision implicite de rejet. Dans ces conditions, la demande d’annulation du 29 décembre 2004 méconnaît le délai de recours de 2 mois et ne doit pas être rejetée.
La diminution des cours n’est pas établie
Pour autant, ce rejet n’interdit pas un recours indemnitaire que l’agent évalue à 29 000 €. La cour rappelle qu’il n’a aucun droit au renouvellement de son contrat, même s’il a bénéficié d’engagements successifs. Le refus de l’employeur peut procéder de l’intérêt du service ou parce que le comportement de l’intéressé n’est pas entièrement satisfaisant. Le Greta évoque la baisse d’activité de l’établissement et des contraintes d’organisation pédagogique des interventions. Or, les tableaux d’activité montrent que le volume d’enseignement assuré par les collègues de l’agent restés en fonction en 2004-2005 sont de 895 heures pour le premier trimestre, alors qu’à la même période de l’année précédente il était de 814 heures, l’agent inclus. L’employeur évoque une baisse du nombre de jeunes en contrat de qualification, passé de 37 en 2003 à 21 en 2004, et les conséquences d’une loi du 4 mai 2004. Mais ces éléments généraux ne confirment pas une baisse actuelle ou à venir de l’activité. Quant aux contraintes pédagogiques, l’administration ne les précise pas davantage alors que la polyvalence du salarié, établie par le dossier, n’est nulle part contestée.
À retenir : le non-renouvellement de l’engagement n’est donc pas motivé, la manière de servir du salarié n’étant pas en cause. La faute commise par l’employeur justifie une indemnisation de 2 000 €, la cour considérant que le paiement d’heures supplémentaires réalisées soulève un litige distinct des conséquences du refus de renouvellement du contrat.
CAA Versailles n° 09VE04131 M. K. du 15 juillet 2010.
Pierre-Yves Blanchard le 13 décembre 2011 - n°1283 de La Lettre de l'Employeur Territorial
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